Pétrole: L'Opep+, une stratégie plutôt réussie en 2025
Vienne (awp/afp) - Sans annonce prévue par le marché mais dans un contexte géopolitique chargé, les 22 ministres de l'Energie des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) se réunissent dimanche en ligne pour leur réunion semestrielle.
Retour sur le tournant opéré par le groupe qui a augmenté sa production à un niveau que personne n'avait anticipé en début d'année.
Le groupe a-t-il atteint ses objectifs cette année ?
Depuis mars, l'Arabie saoudite, la Russie, l'Irak, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, Oman et l'Algérie se sont réunis chaque mois et ont rehaussé leurs quotas de production de 2,9 millions de barils par jour, en incluant la petite hausse prévue en décembre.
Une stratégie visant à regagner des parts de marché face à une concurrence croissante de plusieurs pays hors du cartel et dont la production augmente aussi, comme les Etats-Unis, le Canada, le Brésil ou le Guyana.
Cette offre abondante a évidemment fait baisser les cours du brut, rognant les profits des membres du cartel.
Cependant, la guerre entre l'Iran et Israël en juin, les sanctions américaines visant le secteur pétrolier russe plus récemment, et la constitution de réserves stratégiques de pétrole par la Chine, sont autant de facteurs qui ont soutenu la demande de pétrole et endigué la chute des cours.
Ce sont "des éléments qui n'auraient pas pu être prévus au 1er janvier 2025" mais grâce auxquels la stratégie de l'Opep+ "a globalement fonctionné", explique à l'AFP Kim Fustier, analyste chez HSBC, allant même jusqu'à évoquer "un peu de chance" pour l'Opep+.
Quelle a été l'influence de Donald Trump sur les choix du groupe ?
"Le facteur Trump est absolument essentiel" pour expliquer ces hausses de production de l'Opep+, estime auprès de l'AFP Francis Perrin, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).
Peu après sa prise de fonction en janvier, le président américain avait demandé à Ryad de produire davantage pour faire baisser les prix de l'or noir.
L'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde et membre le plus influent au sein de l'Opep+, en a fait "un atout important" de sa diplomatie avec les Etats-Unis, explique M. Perrin.
Donald Trump a d'ailleurs accédé à plusieurs demandes de Ryad lors de la visite à Washington de Mohammed ben Salmane, le prince héritier du Royaume, en novembre.
Les deux Etats ont par exemple ratifié une "déclaration commune" sur l'énergie nucléaire civile et signé un accord donnant à la monarchie "l'accès à des systèmes américains de pointe" d'intelligence artificielle tout en protégeant ces technologies de "toute ingérence étrangère", selon l'exécutif américain.
Le baril de Brent, référence internationale, s'échange désormais entre 60 et 65 dollars, un niveau satisfaisant pour Donald Trump, selon M. Perrin. Bas, mais assez élevé pour que les producteurs américains soient rentables et maintiennent le niveau actuel de production.
Pourquoi le marché n'anticipe pas de nouvelle hausse de production ?
Après une dernière hausse des quotas en décembre, le groupe des huit pays a déjà prévenu le mois dernier qu'il y aurait une pause des ajustements de production au premier trimestre 2026, citant une demande généralement plus faible à cette période de l'année et probablement des membres peu enclins à faire baisser davantage leurs marges.
Résultat, "nous n'attendons pas grand-chose de cette réunion" semestrielle d'habitude importante, estime Mme Fustier.
Et "l'Opep+ ne va pas vouloir anticiper" l'issue des négociations en cours sur la résolution du conflit en Ukraine.
Une détente dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine réduirait la prime de risque géopolitique qui fait gonfler les cours du brut tandis qu'un blocage dans les négociations déplacerait à nouveau l'attention des opérateurs pétroliers vers les sanctions américaines contre deux géants des hydrocarbures russes, Lukoil et Rosneft.
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