Bourses: les indices US tentent un rebond après une semaine de doute sur l'IA
Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent en hausse vendredi, reprenant leur souffle après une semaine marquée par la chute du secteur technologique face aux doutes du marché quant aux gagnants et aux perdants de la course à l'intelligence artificielle (IA) ces prochaines années.
"Une rotation s'opère au sein du secteur technologique, où les fabricants de hardware (équipements matériels technologiques comme les semi-conducteurs ou les data centers par exemple, NDLR) résistent tandis que les services liés à l'IA sous-performent, révélant des doutes sur l'horizon de monétisation" de ces nouveaux outils, commente Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier AM.
"Cette correction, probablement temporaire, offre des opportunités aux investisseurs institutionnels qui étaient restés à l'écart de l'engouement pour les valeurs technologiques" jusque-là, en raison des valorisations élevées des titres vedettes du secteur, poursuit l'économiste.
Cela permettait ainsi aux indices boursiers américains de tenter un rebond vendredi après la "vente massive" d'actions qui "a secoué le secteur technologique" cette semaine, souligne Patrick Munnelly, analyste pour Tickmill Group.
Vers 14H50 GMT, le Dow Jones avançait nettement, de 1,35%, le S&P 500 s'octroyait une forte progression de 1,33%, tout comme le Nasdaq, à forte coloration technologique, qui prenait 1,28%.
L'étincelle a été allumée mardi par la start-up Anthropic, à l'origine du modèle de langage Claude, qui a dévoilé un nouvel outil d'IA conçu pour traiter les tâches juridiques et de recherche.
Cette annonce a ravivé les inquiétudes autour du modèle économique du secteur des logiciels qui pourrait être mis à mal par l'IA. Des prévisions de ventes décevantes du groupe de semi-conducteurs AMD ont aussi contribué à la morosité ambiante.
Les investisseurs ont été davantage inquiétés par le niveau jugé trop important des dépenses annoncées par les géants de la tech dans leur course aux infrastructures pour l'intelligence artificielle, à l'instar d'Alphabet, maison mère de Google, qui a annoncé mercredi entre 175 et 185 milliards de dépenses d'investissements pour l'année en cours.
Sans surprise, le marché sanctionnait lourdement Amazon, qui chutait de plus de 8% à New York vers 14H45 GMT, au lendemain de son annonce d'un plan d'investissement massif de 200 milliards de dollars, "supérieur de quelque 50 milliards aux attentes", précise Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
Ces chiffres inquiètent faute de signaux assez solides quant à la rentabilité future d'un secteur en pleine frénésie de constructions de nouveaux centres de données.
Quelques jours plus tôt, Microsoft avait perdu près de 10%, pour des raisons similaires.
Comme en milieu de semaine, l'Europe, jugée moins exposée à la tech, profite en partie du désengagement des investisseurs des actions américaines.
Vers 14H45 GMT, l'indice Stoxx 600, qui représente les 600 plus grosses capitalisations européennes, était en hausse de 0,75%.
Dans le détail, la Bourse de Londres prenait 0,46%, celle de Francfort 0,80%, Paris 0,41% et Milan 0,13%.
Le bitcoin rebondit
Si la plus capitalisée des cryptomonnaies a glissé vendredi à 60.000 dollars, elle reprenait 8,25% vers 14H45 GMT, à 68.288 dollars.
Le bitcoin était déjà descendu la veille sous les 70.000 dollars pour la première fois depuis l'élection de Donald Trump pour son second mandat à la Maison Blanche, en novembre 2024.
Sur le marché des changes, l'euro était en hausse de 0,38% face au dollar, s'échangeant à 1,1822 dollar pour un euro.
L'or et l'argent tentent de se refaire
L'argent et l'or essayent de rattraper leurs lourdes chutes depuis le début de la semaine: vers 14H45 GMT, l'or regagnait 3,42% à 4.942,56 dollars l'once (31,1 g), et l'argent 7,60% à 76,31 dollars l'once.
Tempête boursière pour Stellantis
Le titre du constructeur Stellantis plongeait de 26,09% vers 14H45 GMT, après avoir annoncé l'inscription de 22 milliards d'euros de charges exceptionnelles dans ses résultats 2025 en raison d'une "surestimation significative du rythme de l'électrification" du secteur automobile.
"Les charges exceptionnelles annoncées sont colossales, au point de dépasser à elles seules la capitalisation boursière actuelle du groupe", commente Matéis Mouflet, analyste chez XTB France.
Le constructeur ne versera pas de dividendes en 2026.