Les Bourses mondiales retrouvent de l'élan pour conclure une semaine mouvementée
Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont terminé vendredi en hausse une semaine de remous pour le secteur technologique, Wall Street parvenant à se démarquer en affichant une large progression et un record du Dow Jones.
L'indice historique de la Bourse de New York a franchi pour la première fois de son histoire le cap symbolique des 50.000 points, terminant avec un gain de 2,47% à 50.115,67 points.
L'indice Nasdaq à forte coloration technologique a pris 2,18% et l'indice élargi S&P 500 a avancé de 1,97%.
"On peut parler d'un retour en force: les actions terminent une semaine volatile sur une note positive", note Adam Turnquist, de LPL Financial.
Pointant un "rebond technique", Alexandre Baradez, responsable de l'analyse des marchés à IG France, prévient qu'il faudra prendre davantage de "recul" pour comprendre où s'arrête "cette phase de réflexion du marché".
Plus tôt dans la semaine, la place américaine a été secouée par un large mouvement de désertion visant en particulier les sociétés technologiques.
Aux craintes sur le modèle économique de l'intelligence artificielle (IA), secteur qui a attiré des centaines de milliards de dollars d'investissements, se sont ajoutées les inquiétudes sur la pérennité des acteurs des logiciels, justement concurrencés par l'IA.
Alors que des centaines de milliards de dollars de valorisation s'étaient envolés en fumée en l'espace de quelques jours, "le contexte général à Wall Street est d'estimer que la vente est allée trop loin", juge Jose Torres, d'Interactive Brokers.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,43%, Londres de 0,59% et Francfort de 0,94%. A Zurich, le SMI a gagné 0,27%.
Les Bourses européennes sont moins exposées à la tech, et n'ont pas subi le même revers que Wall Street.
Elles "ont aussi profité des propos plus incisifs de Christine Lagarde", la présidente de la Banque centrale européenne, "sur les taux", ajoute Alexandre Baradez.
La présidente de l'institution monétaire a admis qu'un euro fort (rendant les importations relativement moins chères) "pourrait faire reculer l'inflation au-delà des anticipations", une perspective qui pourrait en théorie pousser la BCE à abaisser ses taux.
L'euro a pris vendredi 0,32% au billet vert, à 1,1815 dollar pour un euro.
Rebond du bitcoin et des métaux
Les métaux précieux et le bitcoin ont repris de la hauteur vendredi, toujours en proie à une forte volatilité, à l'issue d'une semaine marquée là aussi par des mouvements particulièrement brutaux.
L'once d'or a pris 3,88% à 4.964,36 dollars et l'once d'argent a bondi de 9,76% à 77,8369 dollars.
Ces deux actifs ont alterné entre journée de chute et forte remontée.
Le bitcoin de son côté est repassé vendredi au-dessus du seuil des 70.000 dollars après avoir glissé jusqu'à un peu plus de 60.000 dollars la veille, un plus bas depuis octobre 2024, soit avant l'élection de Donald Trump pour un second mandat à la Maison Blanche.
Amazon dépense trop
En dépit de résultats en forte hausse lors du dernier trimestre, le géant de la distribution et de l'informatique en ligne Amazon a été sévèrement sanctionné pour l'explosion de ses dépenses prévues visant à se maintenir dans la course à l'IA.
Amazon veut investir 200 milliards de dollars en 2026 là où les marchés s'attendaient à ce que le chiffre reste sous la barre des 150 milliards.
A New York, son titre a perdu 5,55% à 210,32 dollars.
Alphabet (-2,48%), maison mère de Google, et Microsoft (+1,90%) ont eux aussi été sanctionnés après des annonces similaires quelques jours plus tôt.
Tempête boursière pour Stellantis
Le titre du constructeur Stellantis a plongé de 25,24% à Paris après avoir annoncé l'inscription de 22 milliards d'euros de charges exceptionnelles dans ses résultats 2025 en raison d'une "surestimation significative du rythme de l'électrification" du secteur automobile.
"Les charges exceptionnelles annoncées sont colossales, au point de dépasser à elles seules la capitalisation boursière actuelle du groupe", commente Matéis Mouflet, analyste à XTB France.
Le constructeur ne versera pas de dividendes en 2026.