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Bourse, commentaire de clôture   08-Jul-2026 23:04:18

Les marchés mondiaux chahutés par la reprise des hostilités au Moyen-Orient

Washington (awp/afp) - Flambée des prix du pétrole, envolée des taux d'emprunt, repli des actions... Les marchés mondiaux ont été minés mercredi par la reprise des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, qui ravivent les craintes inflationnistes.

Donald Trump a prévenu mercredi que Washington s'apprêtait à frapper une nouvelle fois l'Iran, après des échanges de frappes entre les deux belligérants qui ont rendu le fragile cessez-le-feu caduc, selon lui.

"La situation imprévisible (...) ressemble à une poudrière sur le point d'exploser. Une poursuite du conflit ferait entrer la région dans une toute nouvelle phase d'escalade", a souligné Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.

Le stratégique détroit d'Ormuz est encore au coeur des affrontements, l'Iran revendiquant, malgré l'opposition des Etats-Unis, d'imposer des droits sur ce passage, et menaçant les navires contournant le seul itinéraire qu'il a autorisé le long de ses côtes.

"Le trafic des pétroliers à travers le détroit d'Ormuz s'est pratiquement arrêté", a relevé Jorge Leon, responsable de l'analyse géopolitique pour Rystad Energy.

Dans ce contexte, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a bondi de 5,21% à 78,02 dollars. En séance, il a même franchi la barre des 80 dollars, une première en plus de deux semaines.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a grimpé de 4,37% à 73,52 dollars.

Cette montée de tensions n'est pas immuable.

"Il y a certes beaucoup de rhétorique belliqueuse qui circule, mais avec le président Trump, la tension dans ce genre de situations monte en flèche et peut retomber tout aussi vite", a mis en avant auprès de l'AFP John Kilduff, d'Again Capital.

Le président américain a en effet assuré que les nouveaux affrontements meurtriers prendraient fin "très rapidement", laissant la porte ouverte à la poursuite des tractations diplomatiques avec Téhéran.

Les Bourses à la peine

Les déclarations de Donald Trump "ont ébranlé les marchés (...) déclenchant un mouvement d'aversion au risque qui a entraîné une forte baisse des actions européennes" et américaines, a noté Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 2,18%. Francfort a reculé de 2,23% et Londres de 1,66%. Milan a lâché 1,22% et Madrid a décroché de 2,73%. A Zurich, le SMI a fini en fort recul de 1,30%.

A Wall Street, le Dow Jones a cédé 1,09% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,28%.

Seul l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - a avancé de 0,20%, profitant d'achats à bon compte au sein du secteur des semi-conducteurs.

Les investisseurs redoutent "une montée généralisée des coûts" pour les entreprises et "une inflation plus marquée", selon Jose Torres, d'Interactive Brokers.

"Les valeurs sensibles à la conjoncture économique sont particulièrement malmenées", a poursuivi l'analyste.

A New York, cela a notamment été le cas des valeurs du secteur du tourisme (Airbnb -3,93%, Booking -4,21%), des banques (JPMorgan -2,54%, Bank of America -2,61%) ou de l'industrie (Honeywell -2,08%).

A Paris, Société Générale a plongé de 5,79% et BNP Paribas 3,45%. A Francfort, Deutsche Bank a perdu 5,00% et, à Madrid, Banco Santander a chuté de 5,06%. A Londres, Standard Chartered a lâché 4,23% et NatWest 3,89%.

Le secteur automobile a aussi accusé le coup, Stellantis chutant de 5,85% et Renault terminant en repli de 4,14%. A Francfort, Volkswagen (-4,51%), Mercedes-Benz (-4,01%) ou BMW (-3,52%) ont perdu pied.

Hausse des taux obligataires

"La hausse des prix de l'énergie (...) entraîne une réévaluation plus restrictive des anticipations de politique monétaire sur les marchés financiers et pousse les rendements" des emprunts souverains à la hausse sur les marchés obligataires, a souligné Fawad Razaqzada.

Le coût de l'emprunt français à échéance dix ans a atteint mercredi 3,92%, un niveau inédit depuis juin 2009.

Son équivalent allemand, référence en Europe, se hissait lui au-dessus du cap symbolique de 3%, à près de 3,09%, contre 2,99% la veille en clôture. Le taux italien à dix ans atteignait 3,89%, contre 3,77% la veille à la clôture.

Hors zone euro, le taux britannique à dix ans atteignait 4,97%, contre 4,84% la veille.

Le rendement de l'emprunt américain à échéance dix ans se tendait à 4,57% vers 20H45 GMT, contre 4,55% à la clôture la veille et 4,47% lundi.


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