Les Bourses mondiales attentistes avant Alphabet, le pétrole avance encore
Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont évolué sans direction claire mercredi, dans l'attente des performances financières du géant de la tech Alphabet (Google), tandis que les prix du pétrole ont connu une nouvelle flambée face aux tensions persistantes entre Washington et Téhéran.
"Les résultats financiers d'Alphabet (...) constituent un véritable test pour déterminer si les investissements massifs dans l'IA génèrent des rendements financiers significatifs", résume Mark Malek, de Siebert Financial.
Le secteur technologique a été chahuté sur les marchés mondiaux ces derniers mois, sur fond de doutes quant à la rentabilité des sommes massives consacrées à l'intelligence artificielle.
Des performances financières "laissant présager un ralentissement de la croissance pourraient entraîner une volatilité alors que nous entrons dans une période saisonnière défavorable aux actions", estime Jose Torres, d'Interactive Brokers.
"Mais si Alphabet venait à répondre aux attentes du marché, voire à les dépasser, cela devrait apaiser en partie les inquiétudes" sur l'IA, note auprès de l'AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.
Selon ses résultats dévoilés après la clôture mercredi, Alphabet a fait mieux qu'anticipé au deuxième trimestre grâce notamment au bond des revenus du "cloud".
Le spécialiste des véhicules électriques Tesla, qui a partagé ses comptes au même moment, a lui réalisé un bénéfice net en deçà des attentes.
Les marchés boursiers mondiaux, qui étaient déjà fermés avant la publication, n'ont pas pu prendre en compte ces données.
A New York, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - a reculé de 0,57%, l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,14% tandis que le Dow Jones a terminé proche de l'équilibre (-0,01%).
En Europe, Londres a gagné 1,24% et Paris s'est octroyé 0,89%. Francfort (+0,58%) et Milan (+0,97%) ont aussi terminé dans le vert. A Zurich, le SMI a terminé en hausse de 0,12%.
- La hausse du pétrole, événement majeur -
La "flambée des prix du pétrole" reste "l'événement majeur de la journée", estime Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a progressé de 3,36% à 94,07 dollars. En séance, il est même repassé au-dessus des 95 dollars pour la première fois depuis près de six semaines.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a gagné 2,95% à 86,83 dollars.
"Les opérations militaires ont repris avec une intensité sans précédent, et le ton des déclarations est particulièrement virulent", commente auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.
Le président américain Donald Trump a notamment promis mercredi de bombarder des infrastructures civiles iraniennes chaque fois que Téhéran ouvrirait le feu sur des navires dans le détroit d'Ormuz.
Le contrôle de la navigation dans ce passage maritime stratégique - par lequel transite en temps normal environ un cinquième du pétrole mondial - est un point de contentieux majeur entre les deux pays.
Dans le même temps, les Houthis pro-iraniens ont annoncé lundi un blocus des ports d'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole brut au monde.
"Cela pourrait entraver l'exportation de millions de barils de pétrole, ce qui, conjugué au blocus actuel du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, pourrait entraîner de graves pénuries d'approvisionnement", souligne David Morrison, du courtier Trade Nation.
- Retour des craintes inflationnistes -
La hausse des prix du pétrole a tendu les marchés obligataires, où se fixent les taux d'emprunt des États, très sensibles aux risques d'inflation.
Le rendement de l'emprunt français continue lui de flirter avec les 4%, au plus haut depuis juin 2009, à quasi 3,97%.
Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, a terminé à 3,17% contre 3,16% la veille.
Aux Etats-Unis, l'échéance dix ans se tendait à 4,66% vers 20H30 GMT, contre 4,63% à la clôture la veille. Il est bien au-dessus de sa moyenne depuis le début d'année (4,33%).
L'échéance deux ans - plus sensible à la conjoncture économique - a même atteint en séance un plus haut depuis février 2025, à environ 4,31%.