Le patron du KOF avertit d'une baisse de niveau de vie avec le conflit en Iran
Zurich (awp) - La guerre au Proche-Orient met à mal les chaînes d'approvisionnements et les prix et elle menace aussi le niveau de vie en Suisse, a déclaré le directeur du KOF Jan-Egbert Sturm dans une interview au Blick (édition en ligne).
La croissance économique est meilleure que ce que beaucoup avaient prévu, a indiqué M. Sturm faisant référence à la croissance de 0,5% du PIB de la Suisse au 1er trimestre de cette année. Malgré toutes les crises, la Suisse s'en sort mieux que bien d'autres pays. Mais bientôt les conséquences de la guerre se feront sentir plus fortement, a averti l'économiste.
On remarque très vite les effets de la guerre du Golfe à la pompe des stations-service, a noté M. Sturm. Mais pour que les conséquences se fassent aussi sentir sur les entreprises suisses et que les commandes s'effondrent, cela peut durer quelque temps. La grande question est de savoir combien de temps le détroit d'0rmuz restera bloqué. Le manque de livraisons de pétrole et de gaz impacte surtout l'Asie, mais cela sera aussi le cas pour la Suisse, avec un décalage dans le temps.
Plus durera la guerre, plus fortes en seront les conséquences, selon M. Sturm. Et il faudra du temps pour que la production de pétrole et de gaz au Proche-Orient retrouve ses pleines capacités. La guerre menace donc le niveau de vie en Suisse, car pétrole et gaz sont plus chers et les revenus ont moins de valeur.
Avec la hausse du prix de l'essence, le coût des transports augmente et est reporté sur les consommateurs, ce qui renchérit les produits. Cela a pour conséquence que les consommateurs économisent de l'argent ailleurs et cause une baisse de la demande de biens et services. Il y a aussi une menace d'effet secondaire et de spirale salaires-prix, notamment si les travailleurs réclament des hausses de salaires.
M. Sturm prévoit une augmentation de l'inflation à environ 2% cette année. Cela reste dans la fourchette de 0-2% visée par la Banque nationale suisse. On est encore loin d'une spirale salaires-prix en Suisse, ce qui veut dire que la BNS peut continuer sur la lancée de sa politique monétaire. Ce d'autant que le franc va rester fort, ce qui permettra de contenir quelque peu l'inflation importée.
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