Migros veut abandonner sa structure régionale centenaire
Zurich (awp) - Le distributeur Migros brise lundi un tabou en projetant de fusionner ses dix coopératives régionales pour n'en conserver plus qu'une seule. L'abandon de la structure décentralisée adoptée il y a 85 ans aura un impact pour l'heure non quantifié sur le personnel administratif et dirigeant, mais devrait épargner celui des magasins. Migros emploie actuellement quelque 80'000 collaborateurs.
Le géant orange entend par ce biais accélérer ses processus de décision, rationnaliser les investissements et renforcer sa compétitivité face à la concurrence des distributeurs étrangers à bas coût en Suisse, ainsi que la tentation pour les consommateurs helvétiques d'aller s'approvisionner à moindre coût à l'étranger.
"La concurrence est rude," a asséné en conférence de presse le responsable de Migros-Bâle, Miguel Serrano, pointant du doigt le tourisme d'achat observé vers la France et l'Allemagne.
L'activité Supermarché sera gérée à l'échelle nationale par une unique instance. Pour autant, les spécificités régionales seront préservées grâce à l'établissement de six conseils dédiés, dont un pour la Suisse romande et un pour le Tessin, indique un communiqué diffusé lundi.
Mal nécessaire
"Un groupe coopératif ne se centralise pas pour le simple plaisir d'une centralisation," a indiqué le directeur de Migros Vaud, Bernard Pittet, mettant en avant l'avantage d'un ancrage régional autour d'une orientation commune.
L'opération, qui ne concerne pas les filiales, a déjà obtenu l'aval unanime des administrations des dix coopératives actuelles. Les coopérateurs auront l'occasion de se prononcer en milieu d'année prochaine.
Artisans de ce projet de simplification, le directeur général des coopératives Migros, Mario Irminger, ainsi que le patron de Migros Supermarché, Peter Diethelm, se retireront avant le début du chantier. Âgés tous deux de 62 ans, ils souhaitent ainsi s'assurer que leur successeurs pourront suivre toute la période du chantier. La procédure de recrutement pour les deux postes a été lancée. "L'objectif est de dévoiler d'ici début 2027 une successeure et un successeur", a indiqué la présidente Ursula Nold en conférence de presse à Berne.
La réorganisation ne provoquera aucune suppression de poste dans les coopératives régionales avant mi-2028. "Ensuite, nous allons réduire par étapes les dix régions à cinq entités et seulement après supprimer des redondances. Nous estimons y parvenir en grande partie par des fluctuations naturelles," a précisé Mario Irminger en entretien avec l'agence AWP.
Rumeurs insistantes
Le fantasme d'une centralisation du géant orange s'est déjà à plusieurs occasions frayé un chemin dans la presse, de manière insistante au cours du week-end dernier. Selon la Sonntagszeitung, la restructuration pourrait entraîner la suppression d'environ 3000 emplois. Les économies potentielles sont estimées entre 300 et 400 millions de francs par an.
Une précédente restructuration, amorcée en 2024 et visant à se défaire des enseignes jugées insuffisamment rentables, soit Mibelle, Hotelplan, Micasa, SportX et Obi, avait conduit à la suppression de quelque 1500 emplois, sur les près de 99'000 que comptait alors Migros.
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