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Marchés et bourses   12.03.2026 18:15:24

Bourse Zurich: englué par le pétrole, le SMI termine en net repli

Genève (awp) - La Bourse suisse a clôturé jeudi dans le rouge vif. Les investisseurs, qui ont accessoirement digéré une nouvelle salve de résultats, se sont inquiétés d'un enlisement de la guerre au Moyen-Orient, entrée dans son 13e jour et qui a une nouvelle fois entraîné le baril de Brent au-dessus du seuil psychologique des 100 dollars.

Dans un premier message lu par une présentatrice de la télévision iranienne, le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei a promis la "vengeance" en riposte aux attaques israélo-américaines. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont eux confirmé vouloir garder le détroit d'Ormuz fermé, après une demande en ce sens de leur nouveau chef, qui a succédé à son père Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre.

Le blocage de ce passage stratégique et les frappes sur les infrastructures pétrolières du Golfe ont contraint les pays de la région à réduire leur production de brut, faisant croître les craintes sur l'approvisionnement. L'annonce d'un recours aux stocks stratégiques pour tenter d'enrayer la flambée des cours avait été jugée insuffisante par le marché.

De fait, "la hausse du pétrole a ravivé les craintes d'un retour de pressions inflationnistes", a commenté John Plassard de Cité Gestion. "L'Europe, en particulier, est fortement dépendante des importations d'énergie", pointe Andreas Lipkow chez CMC Markets. "Même si 20% seulement du pétrole brut mondial provient de la région en crise, les prix élevés qui en résultent entraînent des charges supplémentaires considérables pour les entreprises et les ménages", souligne l'expert.

Vers 17h00, le cours du baril de Brent se stabilisait légèrement en-dessous du seuil psychologique des 100 dollars, après avoir une nouvelle fois franchi ce cap dans l'après-midi. La pression demeurait, en dépit de l'annonce d'une mobilisation massive des réserves stratégiques d'or noir - 400 millions de barils - par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), afin d'atténuer les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. A 17h30 les quelque 159 litres de Brent valaient 99 dollars, en hausse de %.

"L'annonce de l'AIE était à la hauteur des attentes, elle aurait pu apporter un certain soulagement", note Ipek Ozkardeskaya de Swissquote. "Mais elle a plutôt alimenté la hausse des prix du pétrole, comme cela avait été le cas lors du déblocage au début de la guerre en Ukraine". Car pour certains observateurs, cette nouvelle accroît les craintes que la guerre se prolonge.

"Le pétrole ne reviendra guère à des niveaux susceptibles de modérer les craintes inflationnistes tant que les tensions géopolitiques ne se seront pas sensiblement apaisées", résume l'analyste vedette de la banque glandoise.

Sur le front macroéconomique, le déficit commercial des Etats-Unis s'est réduit en janvier sur un mois, à 54,5 milliards de dollars.

La Bourse suisse a elle terminé la séance sur un net repli, son indice phare SMI lâchant 0,90% à 12'842,16 points, après avoir touché dans l'après-midi un plus bas du jour à 12'796,65 points. Le SLI a lui clôturé en baisse de 0,78% à 2038,12 points, l'indicateur élargi SPI a lui limité la casse, se contractant de 0,21% à 17'920,70 points.

Roche hors dividende

Sur les trente valeurs constitutives du Swiss Leader Index, onze sont néanmoins parvenues à gagner du terrain, les 19 autres en perdant. En haut de tableau, le bon de participation Lindt (+4%) a terminé sur la plus haute marche du podium, le chocolatier laissant loin derrière lui le fabricant de périphériques et accessoires informatiques Logitech (+2,5%) et le numéro un mondial des arômes et parfums Givaudan (+1,4%)

A l'autre bout du spectre, le cimentier Holcim (-3,7%) a hérité de la lanterne rouge, derrière le bon du poids lourd pharma Roche (-3,6% ou 11,8 francs) lequel était toutefois traité hors dividende de 9,80 francs. Le spécialiste des soins et cosmétiques dermatologiques Galderma (-2,7%) a aussi souffert, tout comme l'assureur-vie Swiss Life (-2,3%), malgré l'annonce pour 2025 de primes en hausse et d'un bénéfice stable.

Quant aux trois autres plus grosses capitalisations de la cote, elles ont fini en ordre dispersé, le numéro un bancaire helvétique UBS cédant 2,1% et le géant pharma Novartis 0,3%, alors que l'alimentaire Nestlé a gagné 0,6%.

Geberit (-0,3%) s'est quelque peu repris de ses pertes de la matinée. Le mastodonte des douches et toilettes a vu sa rentabilité ébréchée par la fermeture annoncée en début d'année dernière de l'usine de céramique de Wesel, en Allemagne.

Accelleron accélère

Sur le marché élargi, trois firmes se démarquaient très nettement du reste du peloton, avec en tête Accelleron (+11,8%). Le fabricant de turbocompresseurs a enregistré une poussée de croissance de près d'un quart de ses recettes l'an dernier. La rentabilité opérationnelle a suivi une courbe similaire, tout comme la rémunération proposée aux actionnaires.

Polypeptide (+8,8%) a été aussi très recherché, en dépit d'une perte nette creusée l'an dernier. Bachem prenait aussi de la hauteur (+7,7%) après avoir progressé sur tous les fronts en 2025, dépassant les attentes des analystes. Kardex (+8,4%) profitait de la progression de ses ventes l'an dernier, en dépit d'un effet comptable lié à une acquisition qui a plombé son bénéfice net.

Après avoir calé en début de séance, Autoneum (+0,8%) a retrouvé les faveurs des investisseurs après sa performance robuste de l'an dernier.

Galenica (+1,3%) supprimera moins de postes que prévu après la fermeture de filiale Bichsel à 152, contre 170 annoncés. L'exploitant de pharmacies et grossiste en médicaments tirait en outre profit d'un relèvement de son objectif de cours par Deutsche Bank.

Quant à Interroll (-1,8%) a souffert l'an dernier, affichant un repli de ses ventes et de son bénéfice net en 2025.


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