Bourse Zurich: à la traîne, peu rassurée par la trêve au Moyen-Orient
Genève (awp) - La Bourse suisse creusait ses pertes jeudi en fin de matinée, ne parvenant pas à saisir la vague qui porte les autres places mondiales sur une possible prolongation de la trêve au Moyen-Orient. La solidité de la croissance chinoise, elle aussi scrutée par les investisseurs, pourrait toutefois insuffler un soupçon d'optimisme.
Washington a annoncé mercredi discuter de la tenue d'une deuxième session de négociations avec Téhéran, tandis que l'Iran a réaffirmé sa volonté de continuer à discuter, nourrissant l'espoir d'une prolongation du cessez-le-feu entre les deux pays. La trêve actuelle est censée expirer la semaine prochaine.
Par ailleurs, le président américain Donald Trump a affirmé que les dirigeants d'Israël et du Liban se parleront jeudi, au lendemain de premiers pourparlers directs entre les deux pays.
"Dès que ces discussions débuteront officiellement, cet optimisme modéré devrait se transformer en un rallye dynamique", subodore Frank Sohlleder chez ActivTrades.
"Un cessez-le-feu ne met pas fin à la stagflation", avertit toutefois Joel Frick de Bendura Bank. Revenant sur les tensions qui ont marqué le premier trimestre - Groenland, Venezuela, Iran - l'analyste estime que, passé le soulagement à court terme, leurs répercussions macroéconomiques se poursuivront dans les mois à venir.
Ajoutant à la positivité du jour, la croissance de la Chine a dépassé les attentes au premier trimestre, le PIB progressant de 5%, selon des chiffres officiels communiqués jeudi, malgré les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l'économie mondiale.
"Il s'agit de la plus forte croissance enregistrée depuis trois trimestres", souligne Thomas Gitzel chez VP Bank. "Le secteur manufacturier chinois reste ainsi l'un des principaux moteurs de la croissance à court terme. La faiblesse des ventes au détail (+1,7%, moins qu'attendu) témoigne quant à elle d'une demande intérieure atone", ajoute-t-il. L'économie chinoise devrait toutefois pouvoir maintenir le cap cette année.
Comparant ces données à "un vent nouveau", Andreas Lipkow de CMC Markets estime qu'elles prouvent "la résilience manifeste des principales économies", nourrissant l'espoir d'un ralentissement moins fort que redouté. Pour l'analyste, il pourrait s'agir des premiers effets de l'essor de l'IA, qui contrebalance la hausse des prix de l'énergie.
L'agenda macroéconomique est bien garni ce jour, avec la publication des prix à la consommation dans l'UE, ainsi que des données sur l'emploi outre-Atlantique. Le Royaume-Uni a enregistré une hausse inattendue de 0,5% de son produit intérieur brut (PIB) en février, dernier mois avant le début de la guerre au Moyen-Orient, qui devrait profondément affecter l'économie du pays.
En Suisse, les prix à la production et à l'importation (PPI) ont grappillé 0,2% sur un mois en mars et perdu 2,7% sur un an.
Poids lourds à la peine
Vers 10h45, le SMI reculait de 0,22% à 13'190,14 points, le SLI perdait 0,23% à 2126,57 points et le SPI 0,30% à 18'533,21 points.
Sur les trente principales valeurs, douze avançaient, dix-sept reculaient, tandis que Sonova se maintenait à l'équilibre.
VAT Group (-1,6%) trébuchait, passant toutefois la lanterne rouge à Galderma (-2,0%). L'équipementier de pompes à vides a pourtant connu un début d'année probant, profitant d'une forte demande qui a dopé les entrées de commandes. Mais en raison de la guerre au Moyen-Orient, le chiffre d'affaires au premier trimestre a dégringolé de 19,7% sur un an, à 220,9 millions de francs.
Les poids lourds lestaient l'indice, le bon Roche perdant 0,7%, Novartis 0,6% et Nestlé 0,5%. UBS (+0,4%) sortait du lot, sans nouvelle particulière.
Sur le marché élargi, Barry Callebaut chutait lourdement de 15,4%, lanterne rouge du SPI. Le grossiste en chocolat et cacao, a enregistré une baisse de ses résultats au premier semestre de son exercice décalé. La fonte du prix du cacao et un programme de relance devraient cependant soutenir sa croissance future, selon son nouveau patron Hein Schumacher, qui pointe des problèmes d'ordre structurels.
Bystronic (-8,5%) s'enfonçait également, confronté à une persistante réticence de ses clients à investir. Chiffre d'affaires et entrées de commandes se sont étiolées et s'avèrent nettement inférieures aux attentes des analystes.
A l'inverse, DocMorris s'envolait de 8,5%. Le pharmacien en ligne thurgovien, essentiellement actif en Allemagne, a étoffé ses revenus de 7,3% à 318,1 millions de francs. Sa perte opérationnelle ajustée a été réduite de 9,8 millions à 6,3 millions.
Bioversys (+1,0%), profitait quant à lui de l'annonce d'une étude clinique de phase III, décisive pour le dépôt d'une demande d'homologation, sur son traitement expérimental le plus avancé, l'antibiotique BV100.
Zum gleichen Thema
| MARKT UND BÖRSE | 16.04.2026 12:07:24 | Aktien Frankfurt: Dax wieder über 200-Tage-Linie - US-Börsenrekorde stützen |