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Financement, mesures au niveau du capital   29.07.2026 19:42:07

Eramet creuse encore sa perte nette au 1er semestre

Paris (awp) - Le groupe minier français Eramet, qui prévoit une augmentation de capital "essentielle pour le groupe" au quatrième trimestre à hauteur de 500 millions d'euros, a creusé ses pertes au premier semestre 2026 par rapport à un an plus tôt.

Le groupe a accusé une perte nette de 195 millions d'euros sur les six premiers mois de l'année, contre 152 millions d'euros au premier semestre 2025.

"Nous mettons en place les conditions qui permettront à Eramet de renouer avec une croissance rentable et durable", a déclaré la PDG de l'entreprise, Christel Bories, citée dans un communiqué mercredi.

Elle assure que le plan de financement de l'entreprise "avance selon le calendrier prévu, avec une augmentation de capital essentielle pour le groupe à exécuter d'ici la fin de l'année".

Le principe de cette recapitalisation a été validé par les actionnaires en mai, et l'entreprise assure mercredi avoir reçu "plusieurs marques d'intérêt d'investisseurs" souhaitant y participer.

Eramet, qui avait subi une perte nette de 477 millions d'euros en 2025, précise que ces marques d'intérêt demeurent "non engageantes" et que "les discussions se poursuivent à ce stade".

Mi-juin, le Financial Times avait indiqué que le fonds Orion Critical Mineral Consortium, soutenu par les Etats-Unis et les Emirats arabes unis (EUA), envisageait de prendre une part du capital du groupe minier.

Les actionnaires actuels, au premier rang desquels la famille industrielle Duval (37,22% du capital et 43,5% des droits de vote fin 2025) et l'Etat (27,13% du capital et 31,8% des droits de vote), bénéficieront d'un droit de souscription préférentiel, une priorité pour acheter de nouvelles actions.

Mais plusieurs médias indiquent que la famille Duval étudie une possible cession de ses parts. Et si elle ne participe pas à l'augmentation de capital en apportant de nouveaux fonds, sa part dans l'actionnariat du groupe sera mécaniquement réduite.

- "Options ouvertes" -

"Les actionnaires de référence (...) ne se sont pas prononcés - et je ne le ferai pas pour eux - sur leur participation ou non, en partie ou en totalité, à l'augmentation de capital", a déclaré mercredi la PDG par intérim Christel Bories, estimant lors d'un point presse en ligne qu'ils "gardent leurs options ouvertes".

Mme Bories a repris la direction générale de l'entreprise de manière intérimaire après le départ inopiné d'un directeur général arrivé quelques mois plus tôt. Les recherches "se poursuivent" pour le remplacer, a dit l'entreprise mercredi.

Eramet produit du manganèse, utile pour la fabrication d'alliages, du nickel qui sert à faire de l'acier inoxydable et des batteries rechargeables, des sables minéralisés et, depuis fin 2024, du lithium également utilisé dans les batteries électriques.

La dirigeante a annoncé en début d'année une "revue stratégique" de son portefeuille visant une "monétisation ciblée d'actifs", et espère des accords "avec des partenaires d'ici fin 2026".

L'activité d'Eramet en Indonésie, où elle est actionnaire minoritaire du gigantesque site de Weda Bay, est perturbée par un permis de production et de vente délivré par les autorités pour 2026 très inférieur à l'exercice précédent. Une demande de révision à la hausse du permis a été déposée en juillet, "cohérente avec les niveaux autorisés les années précédentes", a assuré mercredi Eramet.

La perte nette au premier semestre s'explique notamment par une dépréciation à hauteur de 112 millions d'euros de l'activité sables minéralisés au Sénégal, victime d'un incendie en février et où la production a connu un "redémarrage partiel" fin avril. L'entreprise a pris en compte dans sa dépréciation de "la mise à jour des réserves constatée dans le cadre de la révision du plan minier".

Eramet a réalisé 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires en données publiées sur le semestre, en hausse de 10%. En données ajustées, qui excluent la majeure partie des activités de la Société Le Nickel (SLN) depuis que l'Etat finance "intégralement" cette ancienne filiale en Nouvelle-Calédonie mais incluent l'activité indonésienne, les ventes s'élèvent à 1,65 milliard d'euros, en hausse de 8%.


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