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Management, conseil d'administration   14.04.2026 18:50:13

Watches and Wonders: Raymond Weil défend les prix abordables

Genève (awp) - La marque genevoise familiale Raymond Weil, qui vend des montres dans le milieu de gamme, défend des garde-temps accessibles au plus grand nombre en affirmant que cette stratégie contribue à sa croissance. Elle observe qu'en dépit des droits douane et des aléas géopolitiques, son plus grand marché, les Etats-Unis, se porte bien et pointe un franc fort lui donnant davantage de fil à retordre.

"Nous sommes peut-être à contre-courant mais l'an dernier nous avons enregistré une croissance à un chiffre, entre 5 et 10%, et cela malgré les droits de douane imposés aux Etats-Unis où nous effectuons 30% de nos ventes", a dit mardi à AWP le directeur général de Raymond Weil, Elie Bernheim, sur son stand de Palexpo.

"Ce début d'année est également très bon", a-t-il ajouté, sans vouloir révéler de chiffre d'affaires.

Aux yeux du dirigeant de l'entreprise fondée par son grand-père Raymond Weil, davantage que les droits de douane c'est plutôt le franc fort qui continue de compliquer les affaires de la marque.

"En raison de la cherté du franc suisse, nous avons dû augmenter nos prix de 10% l'an passé", fait-il savoir. "Nous l'avons fait pour préserver une structure de marge et cela a été accepté sans que l'on identifie une baisse de consommation", précise-t-il.

"Quand je vois la tendance du franc par rapport aux principales devises depuis 20-30 ans, j'estime que j'ai des raisons d'être inquiet pour demain. On ne peut pas fermer les yeux là-dessus", poursuit le patron. Il estime que la Banque nationale suisse devrait agir sans toutefois "avoir de conseils à donner".

"Plus de parts du gâteau"

Pour M. Bernheim, l'objectif est de pouvoir continuer à vendre "une belle horlogerie raffinée, élégante et qui reste tout de même accessible" avec des prix entre 1000 et 4000 francs.

L'horloger, qui produit 80'000 montres par an, n'entend donc pas monter en gamme, comme beaucoup de marques en ont fait le choix face aux aléas. "En tant qu'entreprise familiale, nous nous inscrivons dans un temps long et je ne veux pas détruire ce que les précédentes générations ont construit", explique-t-il.

En outre, il juge que le marché est très favorable puisque de très nombreuses personnes cherchent à acquérir des garde-temps accessibles. "Actuellement, nous sommes récompensés de ne pas avoir changé de cap au gré des rebondissements de l'économie mondiale", affirme-t-il en se réjouissant "d'avoir désormais davantage de parts du gâteau puisque certains l'on délaissé". Il indique au passage que sa société n'aurait de toute façon pas eu les moyens de changer de stratégie.

Pour preuve de la bonne santé de l'entreprise, son CEO met en avant l'ouverture lundi d'une première boutique en vieille ville de Genève, alors qu'il effectue ses ventes à travers le monde par le biais de détaillants. "Nous célébrons notre cinquantenaire et cela avait du sens."

Celui qui n'a pas renoncé à investir mais affirme "rester prudent" dit entrevoir l'avenir avec optimisme "même si on ne peut rien prédire". Dans un souci de diversification, Raymond Weil s'est ouvert depuis le Covid à d'autres marchés tels que le Japon, où il compte actuellement 60 points de vente, ou l'Italie.

Quant au Moyen-Orient, région dans laquelle il effectue 5 à 8% de ses ventes, "il est encore un peu tôt pour évaluer la situation", assure M.Bernheim. "Jusqu'à il y a un mois et demi, nous y vendions encore nos produits et nous avons pris des commandes pour cette année. Nous n'avons pas attendu d'être à Watches and Wonders pour voir nos clients", souligne-t-il.


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