News story
Résultats d'entreprise   18.03.2026 17:44:13

Swatch croit en une année prometteuse, malgré l'ombre de la guerre

Genève (awp) - Le patron de Swatch, Nick Hayek, a tenu mercredi à présenter aux médias réunis à Bienne "de vrais chiffres", ceux des ventes du groupe de par le monde, en hausse à taux constant sur la majorité de ses marchés en ce début d'année. L'éclaircie prévue en 2026 sur le front de la rentabilité, à hauteur de 500 à 600 millions de bénéfice net contre 25 millions l'an passé, pourrait toutefois être ternie par le conflit au Moyen-Orient et l'appréciation du franc.

"Notre plus grand problème, c'est toujours le franc fort, bien plus que la guerre au Moyen-Orient. On le voit dans l'érosion notable de notre chiffre d'affaires lorsqu'il passe de la monnaie locale en francs", a relevé Nick Hayek lors de la présentation du rapport annuel 2025 de l'entreprise.

A ses yeux, il est urgent que la Banque nationale suisse (BNS) et les dirigeants du pays "prennent conscience que si le franc continue à décoller, les industriels suisses iront produire ailleurs, comme en Roumanie ou en Bulgarie.".

L'an dernier, le groupe détenu par la famille Hayek, a vu son bénéfice net chuter à 25 millions de francs, contre encore 219 millions en 2024. En raison des chiffres de ventes prometteurs enregistrés en début d'année, il vise désormais 500 à 600 millions de résultat net, même si l'homme au cigare se dit conscient que cela pourrait être moins en raison des tensions géopolitiques.

"Je parle en tant que dirigeant d'une entreprise industrielle qui donne un message positif à ses membres et qui est confiant que le groupe peut réaliser cela", a-t-il déclaré à AWP.

La guerre actuelle au Moyen-Orient n'en est pas moins un autre obstacle à tenir en compte pour l'horloger qui détient "une position forte" dans la région, selon son directeur général (CEO). Il admet qu'elle aura un impact sur les ventes mais aussi "émotionnel".

Nick Hayek n'entend pour autant pas changer de stratégie pour l'heure et maintient ses 208 boutiques dans la région ouvertes. "Nos employés là-bas, qui sont des locaux, sont confiants quant à un rétablissement de la situation", a-t-il mis en avant. Il a précisé que les ventes de Swatch ont grossi de 4,0% en monnaie locale au Moyen-Orient en ce début d'année.

Les touristes vont selon lui se tourner vers l'Europe pour leurs voyages désormais, ce qui pourrait compenser la baisse des ventes au Moyen-Orient. "Nous serons là", a affirmé le dirigeant.

___ Une campagne publicitaire oubliée

L'an dernier, la société a également souffert du climat morose de consommation en Chine. En janvier et février, la tendance s'est néanmoins quelque peu inversée, une hausse des recettes à taux de change constants de 1,9% ayant été constatée, "malgré "15% de moins de distribution".

Si le CEO constate que "Hong Kong et Macao donnent des signaux positifs" et que la marque Tissot est très demandée dans l'Empire du Milieu, il estime que la crise immobilière doit encore être résolue dans les régions chinoises. Il ne prévoit donc pas pour cette année encore de "rebond spectaculaire".

Après le fiasco d'une campagne publicitaire jugée raciste en Asie en août dernier, dans laquelle un mannequin d'origine asiatique mimait des yeux bridés, M. Hayek a en outre assuré que la campagne n'avait eu aucun impact sur l'image et les ventes du groupe et qu'elle avait été rapidement oubliée. Swatch avait retiré les photos dès les premières réactions négatives.

L'entreprise compte encore sur les Etats-Unis pour la bonne marche de ses affaires, pays où elle a connu une progression de ses revenus de 28,6% en monnaie locale dans les deux premiers mois de l'année. M. Hayek souligne que les marques phares du groupe, Swatch, Tissot et Longines, "y ont enregistré une croissance énorme".

Et, alors que certains analystes aimeraient voir la société se concentrer sur ses marques de luxe, telles Breguet ou Blancpain, et se défaire des autres pour davantage de rentabilité, Nick Hayek refuse catégoriquement une telle perspective. "Les revenus sont là, il y a une importante classe moyenne aux Etats-Unis. Cela serait une erreur de se concentrer uniquement sur le luxe", estime-t-il.

Des propos qui n'ont pas eu l'heur de rasséréner les investisseurs. A la clôture, la porteur Swatch s'était délesté de 4,5% à 164,00 francs, bouclant la séance dans les tréfonds d'un SPI en retrait de 1,32%.


Zum gleichen Thema

Betroffene Instrumente