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Economie publique   16.04.2026 19:06:03

Lactalis veut "minimiser l'impact" de la guerre sur les prix de ses produits

Grenade (awp/afp) - Le géant laitier français Lactalis a affirmé jeudi vouloir "minimiser l'impact" sur les prix de ses produits engendré par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné pour le groupe des surcoûts de "plusieurs dizaines de millions d'euros".

A l'occasion de la présentation à Grenade, dans le sud de l'Espagne, des résultats annuels du groupe, Emmanuel Besnier, son PDG depuis 2000, a relevé "le contexte assez compliqué" pour le secteur et "l'instabilité dans de nombreux pays en 2025 et qu'on va retrouver en 2026".

La guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran depuis le 28 février a embrasé le Moyen-Orient et entraîné une flambée des prix de l'énergie.

Cela "a un impact important sur les coûts, à la fois sur les transports et les emballages", a reconnu M. Besnier, prévenant que son groupe, fondé par son grand-père André Besnier en 1933, avait "la nécessité d'aller répercuter ça auprès de nos clients".

Une hausse des prix des produits vendus est donc à prévoir, comme dans de nombreux secteurs, mais Lactalis cherchera à "minimiser l'impact" pour les consommateurs "en fonction des catégories" de produits, a assuré Thierry Clément, directeur général des opérations, chiffrant les surcoûts liés à la guerre à "plusieurs dizaines de millions d'euros" pour le groupe.

Lactalis réclame, tout comme d'autres industriels de l'agroalimentaire, la réouverture au plus vite de négociations commerciales avec les distributeurs pour partager ces frais imprévus. Mais ces derniers n'y sont pas favorables pour le moment.

"Année charnière"

Pour Lactalis, l'exercice 2025 s'est achevé avec une hausse du chiffre d'affaires de 2,9%, à 31,2 milliards d'euros, malgré le "fort impact" des taux de change sur ses activités, notamment aux Etats-Unis, son deuxième marché.

"C'était une année charnière pour le groupe avec la consolidation de notre développement sur le continent américain" où le chiffre d'affaires régional "a dépassé les 10 milliards d'euros" pour la première fois, a relevé Emmanuel Besnier lors d'une conférence de presse.

Au 1er juillet 2025, Lactalis a intégré les activités yaourts de l'entreprise américaine General Mills pour "consolider" sa place sur ce marché jugé clé.

"Dans un contexte assez compliqué", entre taxes douanières mises en place par les Etats-Unis et la Chine ou des maladies animales, notamment en France (fièvre catarrhale ovine, dermatose nodulaire contagieuse...), Lactalis a su "continuer sa croissance", a fait valoir M. Besnier.

Son bénéfice net est passé à 528 millions d'euros, après un exercice 2024 marqué par le règlement d'un litige avec le fisc français qui avait plombé son résultat net.

Entreprise familiale, le groupe derrière les camemberts Président, la mozzarella Galbani, le fromage Leerdammer ou encore les laits Parmalat et Lactel, "prépare l'avenir avec l'acquisition effective depuis 15 jours" des activités grande consommation de la coopérative laitière néo-zélandaise Fonterra, a poursuivi M. Besnier.

Lactalis détient 260 sites de production et emploie 85'000 salariés dans le monde.

Laits infantiles, des cas "dramatiques"

Interrogé sur les rappels de laits infantiles qui ont émaillé le secteur entre décembre 2025 et le début d'année, y compris chez Lactalis, Emmanuel Besnier, a déploré "des problématiques compliquées, dramatiques", tout en assurant que "l'alimentation n'a jamais été aussi sûre et saine".

"Quand il y a un accident, ça prend des proportions bien plus grandes qu'avant", a-t-il estimé.

Deux décès de bébé ont été recensés en France, mais à ce stade, aucun lien de cause à effet n'a été établi entre ces laits contaminés et ces décès.

Lactalis est inculpé depuis 2023 pour "tromperie aggravée" et "blessures involontaires" en raison de sa gestion de la crise du lait infantile de 2017-2018, quand plusieurs dizaines de nourrissons en France avaient été atteints de salmonellose.

Le groupe présentait ses résultats annuels depuis l'usine de Puleva à Grenade, où cette filiale espagnole produit chaque année 18 millions de litres de "horchata", une boisson rafraîchissante à base de souchet très prisée dans la région de Valence (est) et aussi dans le sud de l'Espagne.

Premier groupe laitier en Espagne, Lactalis y a prévu plus de 200 millions d'euros d'investissements d'ici à 2030, notamment pour moderniser les équipements et accélérer la décarbonisation de ses activités.


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