Les Bourses mondiales sereines au dernier jour d'un trimestre prolifique
Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales se montraient sereines mardi, en clôture d'un trimestre prolifique pour le marché des actions malgré la guerre au Moyen-Orient.
"C'est le meilleur trimestre pour les actions mondiales depuis six ans selon Bloomberg, et ce malgré la guerre en Iran, les perturbations des flux de pétrole et d'engrais, ainsi qu'un bond des prix de l'énergie qui a entraîné une hausse des anticipations d'inflation à l'échelle mondiale", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Cette inflation "a conduit, dans certaines régions du monde, à des relèvements de taux d'intérêt et, dans d'autres, à une politique monétaire plus restrictive", rappelle-t-elle.
"Les valeurs technologiques restent recherchées, ce qui maintient le momentum (la dynamique) sur le marché", observe à Francfort Andreas Lipkow de CMC Markets.
"Les investisseurs restent toutefois prudents avant les discussions entre les États-Unis et l'Iran prévues aujourd'hui à Doha" et "les statistiques américaines sur l'emploi jeudi, qui pourraient influencer les anticipations de politique monétaire", tempère John Plassard de Cité Gestion.
En Europe, le DAX à Francfort (+0,74%) profite d'un nouveau rebond de Siemens Energy (+4,84%, 164,66 euros à l'ouverture) pour qui JPMorgan et BofA ont augmenté leur objectif de cours.
Bonne nouvelle à Paris: l'inflation est revenue en juin à 1,8% sur un an, contre 2,4% en mai grâce au "ralentissement des prix de l'énergie", selon l'Institut national de statistiques (INSEE).
Dans ce contexte, le CAC 40 effaçait ses pertes de la veille (+0,21%) vers 08H00 GMT, porté par deux fournisseurs de la tech, Schneider Electric (+2,75%) et STMicroelectronics (+2,64%).
Hors l'indice principal, les investisseurs se ruaient vers la biotech Abivax (+24,25% à 103,50 euros) après la publication de résultats positifs d'un test en phase 3 pour un traitement des rectolite hémorragique par l'obéfazimod.
Hors zone euro, Londres (+0,21%) hésitait entre la baisse du secteur pétrolier et la bonne santé des minières (Anglo American -manganèse- +2,25% et Antofagasta -cuivre- +1,99%).
Les Bourses européennes ont bénéficié du rebond de Wall Street la veille (Nasdaq +2,07%).
"La séance à Wall Street a été dominée par le rebond des méga-capitalisations technologiques, avec Alphabet (+ 4,8%), Amazon (+ 3,2%), Meta (+ 2,2%) et Tesla (+ 8,5%) en soutien majeur. Les valeurs liées à l'IA et aux semi-conducteurs ont amplifié le mouvement", résume le gestionnaire de fonds Aurel qui cite Nvidia (+1,3%).
"Les facilitateurs de l'IA - les bénéficiaires des énormes dépenses en IA - surperforment, tandis que les géants de la tech - les entreprises qui dépensent massivement dans l'infrastructure de l'IA - s'essoufflent", observe Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
"Les +sept magnifiques+ ont reculé de près de 15% depuis leur pic de mai, et Microsoft a perdu plus d'un tiers de sa valorisation depuis octobre dernier", ajoute-t-elle.
Le yen au plus bas face au dollar
Le rebond de la tech a très légèrement profité à l'Asie (Tokyo +0,85% et Séoul +0,97% au terme d'une séance en dents de scie).
Sur le marché des changes, le yen continue de s'enfoncer face au dollar mardi, à des niveaux plus vus depuis 40 ans, sous la pression de l'écart entre les taux d'intérêt japonais et américains, ces derniers étant plus attractifs.
Vers 06H30 GMT, la devise japonaise cédait 0,21% face au billet vert, à 162,28 yens pour un dollar, après être tombée en cours de séance à 162,41 yens pour un dollar, son niveau le plus bas depuis fin 1986.
Pétrole en baisse, marché obligataire stable
Le pétrole poursuivait sa baisse après une légère remontée lundi, après un nouveau cycle tensions/pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis autour du détroit d'Ormuz.
Vers 07H45 GMT, le baril de Brent s'échangeait à 72.50 dollars (-0.89%) (70.28 dollars pour le WTI américain, -0.66%).
"Les prix énergétiques devraient sûrement rester relativement faibles en 2027, autour de 75 dollars le baril de pétrole (Brent), reflétant un marché pétrolier qui resterait en excès d'offre, comme avant la guerre", d'après les analystes de la Banque Postale Asset Management.
Sur le marché obligataire, les taux d'intérêt des emprunts d'Etat baissaient légèrement.
Le rendement du Bund allemand à dix ans passait à 2,84% contre 2,85% la veille, et son équivalent français suivait la même tendance (3,62% contre 3,63%).
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