Service citoyen: refus nécessaire chez les uns, occasion manquée chez les autres
Berne (awp/ats) - La plupart des partis et plusieurs organisations ont exprimé leur soulagement dimanche après le refus de l'initiative Service citoyen. Il y a en revanche de la déception en revanche chez les initiants, pour qui la lutte n'est pas terminée malgré un résultat extrêmement net.
"L'idée d'un service citoyen n'est pas morte", a réagi Noémie Roten, responsable de la campagne du oui à l'initiative Service citoyen. "Ce dont nous sommes fiers, c'est d'avoir apporté une thématique importante" sur la scène publique. Mais aussi "d'avoir fait ce que d'autres partis ou grosses organisations n'ont pas fait", ajoute la Valaisanne.
Le Parti Vert'libéral (PVL) regrette "vivement" le refus à 84,1% de l'initiative. Ce texte aurait sécurisé les effectifs de l'armée et de la protection civile, tout en constituant "une avancée majeure" vers davantage d'égalité, estime-t-il dans un communiqué. Mais tant les milieux défendant l'armée que ceux promouvant l'égalité ont combattu ce projet.
Au vu de la situation géopolitique mondiale tendue, "la question de l'implication des femmes ressurgira tôt ou tard. Le débat est loin d'être clos", estime le conseiller national PVL Beat Flach.
Le Parti évangélique (PEV) est lui aussi "déçu" et évoque dans un communiqué "une occasion manquée. Un service citoyen aurait rendu notre pays plus fort et plus sûr."
Egalement soutien de l'initiative, le Parti pirate rappelle que, pour lui, le système principe du "service militaire unique" n'est plus adapté aux défis actuels. La Suisse est mal préparée face à différentes menaces, poursuit-il. Dans l'armée, les problèmes d'approvisionnement, concernant notamment les drones, ainsi que la pénurie de personnel vont continuer de peser, écrit le parti dans un communiqué.
"Non féministe" ___
Dans l'autre camp, les Vert-e-s se réjouissent du refus du texte. "La Suisse n'est pas prête à contraindre davantage de personnes à s'engager dans un service obligatoire militarisé sous couvert d'égalité", écrivent les écologistes.
"Il est d'autant plus important de mettre un terme à l'attaque des partis bourgeois contre le service civil, qui est le pendant du service militaire obligatoire", souligne la conseillère nationale neuchâteloise Clarence Chollet, citée dans un communiqué. Le parti interprète par ailleurs ce résultat comme "un non féministe".
Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) voit dans ce résultat l'opposition de la population "à la militarisation forcée de notre société." Malgré le "vernis féministe" qui lui a été donné, le service citoyen aurait engendré un renforcement de l'armée, avance-t-il. "Nous restons sur nos gardes car le service civil reste menacé de toutes parts", ajoute l'organisation antimilitariste.
Opposants surpris de la force du non ___
Le conseiller national Sidney Kamerzin (Centre/VS) tire deux enseignements de ce résultat. "C'est un signal très fort pour que les effectifs de notre armée soit garantis. On ne veut pas de choix à la carte pour nos jeunes", a-t-il expliqué à Keystone-ATS.
"Cela montre aussi qu'un engagement obligatoire des femmes n'est pas souhaité. Il faut y aller progressivement, et pas de manière aussi directe que le proposait le texte", ajoute le Valaisan.
Un avis partagé par le président de l'Association des sociétés militaires suisses (ASM) Stefan Holenstien. "Le peuple ne veut pas d'expérience socio-politique sur l'armée", déclare-t-il. Tout comme M. Kamerzin, il se dit toutefois surpris de la clarté du résultat.
L'ASM salue une décision du peuple suisse "réfléchie, sobre et durable". Elle appelle le Conseil fédéral et le Parlement à prendre rapidement de nouvelles mesures, comme le service de sécurité obligatoire. La révision de la Loi sur le service civil est aussi "extrêmement urgente".
Questions "intéressantes" ___
Pour le Centre, l'initiative a soulevé des questions "intéressantes". Mais elle allait trop loin, selon lui. Le parti continuera de défendre un service de milice "moderne et surtout adapté à la protection et à la stabilité de la Suisse".
De son côté, l'UDC analyse ce refus comme un soutien de la population à l'armée. Le service citoyen aurait affaibli le service de milice, estime le parti.
Enfin, l'association faîtière de l'industrie technologique Swissmem se réjouit elle aussi du "non" sorti des urnes. Les associations, l'économie et la formation auraient été fortement mises à contribution si l'initiative avait passé la rampe, estime-t-elle.
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