Répondre aux questions "essentielles" posées par les initiatives
Berne (awp/ats) - Les deux initiatives balayées en votation ce dimanche posaient des questions "passionnantes" et "essentielles", estiment les commentateurs des médias romands. Au-delà des réponses "excessives" proposées, les autorités doivent rebondir pour apporter des réponses aux questions soulevées.
Les auteurs des deux textes "ont eu le mérite de s'attaquer à des thèmes phares qui dépassent largement la Suisse: l'imposition des grandes fortunes et l'engagement pour la société. Ces deux initiatives étaient à la fois actuelles, modernes et idéalistes - mais aussi et surtout, excessives", écrit Le Temps.
Pour convaincre les citoyens, l'initiative "pour l'avenir" des Jeunes socialistes "aurait certainement dû être moins extrême, plus progressive, moins agressive", renchérissent le Nouvelliste, Arcinfo et La Côte. Leur proposition a toutefois questionné la légitimité des méga-héritages et souligné leur influence sur l'inégalité des richesses, une question "essentielle".
Pour les journaux du groupe ESH, "le rejet de l'initiative ne doit donc pas servir d'alibi pour ignorer les inégalités de richesse, source de polarisation sociale et de fragilisation démocratique. Il appartient désormais aux autorités et aux politiciens de proposer des solutions pour les corriger".
Absence d'un débat de fond
De leur côté, 24 Heures et la Tribune de Genève regrettent l'absence d'un débat de fond sur les avantages qu'offrait un service citoyen imposé à chaque jeune vivant en Suisse. "Car les questions posées par le texte sont fondamentales pour le vivre-ensemble", comme l'importance de la cohésion nationale ou l'engagement pour la collectivité.
Pour La Liberté, cette initiative, "proposition détonante au-delà des clivages traditionnels", a suscité un large débat sur l'armée et le service citoyen de demain. Il appartient maintenant au monde politique de poursuivre la réflexion, en tirant les conséquences du scrutin, conclut le quotidien fribourgeois.
Pour le Quotidien Jurassien aussi, les principaux problèmes auxquels s'attaquaient ces initiatives demeurent. Il faudra bien repenser le service au pays, sous les angles civil et militaire. Il y va de la sécurité ainsi que de sa cohésion sociale.
Concernant l'autre sujet, le quotidien note que la Suisse devra trouver la solution pour rééquilibrer la société. Alors que les citoyens ne souhaitent pas taxer fortement les richissimes héritiers par crainte de les faire fuir, la classe moyenne se délite, les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres toujours plus nombreux. Ça ne pourra pas durer éternellement, écrit le QJ.
Tirs à boulets rouges sur la JS
Outre-Sarine, les journaux reconnaissent aussi à l'initiative pour un service citoyen le mérite d'avoir lancé un débat sur l'actuelle obligation de servir (Tages-Anzeiger) ou la cohésion sociale (NZZ). Même si ce texte aurait créé plus de problèmes qu'il n'en aurait résolus, ajoute la Neue Zürcher Zeitung.
Pour le quotidien zurichois, un plus grand "sens de la communauté" est un objectif noble, mais la contrainte n'est pas le bon moyen pour y parvenir. Sans compter les coûts liés à la mise en oeuvre de ce projet.
En revanche, les commentateurs ne mâchent pas leurs mots à l'égard de la Jeunesse socialiste, fustigeant un projet "trop peu réfléchi", comme l'écrit le portail Watson. La NZZ, elle, parle d'un texte "sans cervelle" et de "honte". Et pointe du doigt le PS, qui s'est laissé emporter par sa section Jeunes.
Un point de vue partagé par le Blick pour qui le PS savait que l'initiative était exagérée et nuisible et qu'elle n'avait aucune chance. Pour lui, l'introduction d'un impôt national sur les successions en faveur de la protection du climat était certes compréhensible à première vue, mais pas assez réfléchie.
"Heureusement" que l'initiative a échoué, ajoute le Tages-Anzeiger, pour qui le texte aurait pu causer des dégâts à l'économie. "Le sujet est certes important en soi, mais la Jeunesse socialiste l'a abordé de la mauvaise manière. Un impôt sur les successions bien pensé - par exemple sans le lier aux objectifs climatiques - aurait tout à fait pu créer des avantages pour tous. Mais cette chance a été gâchée", note-t-il.
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