Le peuple suisse se prononce sur deux initiatives populaires
Berne (awp/ats) - Les Suissesses et les Suisses sont appelés aux urnes dimanche pour trancher sur les initiatives populaires "Service citoyen" et "Pour l'avenir". Selon les derniers sondages, elles n'ont que peu de chances de passer, d'autant plus que la double majorité est nécessaire.
Le premier texte, lancé par le comité Service citoyen, demande que tous les jeunes, y compris les femmes, effectuent un service au bénéfice de la collectivité et de l'environnement: au sein de l'armée, du service civil, de la protection civile ou d'un autre service de milice, notamment dans la prévention des catastrophes, l'assistance ou la sécurité alimentaire.
Pour les initiants, un service citoyen raviverait l'entraide, renforcerait le système de milice et la sécurité, encouragerait la cohésion sociale face à l'individualisme et contribuerait à la lutte contre le changement climatique. L'initiative demande que tout le monde prenne ses responsabilités pour oeuvrer en faveur d'une "Suisse forte, capable de résister aux crises".
Pour les opposants, le texte causerait des dommages à l'armée ainsi qu'à l'économie et renforcerait les inégalités. Les personnes risqueraient d'être affectées à des tâches pour lesquelles elles sont moins bien qualifiées que celles qu'elles assument tous les jours dans le monde du travail. Les opposants critiquent également l'impact sur les femmes. Elles effectuent aujourd'hui déjà la grande majorité du travail domestique, de soins et d'éducation.
Davantage taxer les grosses fortunes
Le deuxième texte, l'initiative "Pour une politique climatique sociale financée de manière juste fiscalement" (initiative pour l'avenir), a été lancé par la Jeunesse socialiste. Il demande un impôt fédéral de 50% sur les successions et les donations à partir d'un montant exonéré de 50 millions de francs. Il ne prévoit aucune exception.
Cet argent doit non seulement servir à financer des mesures climatiques, mais aussi contribuer à réduire les inégalités sociales qui se creusent, selon les initiants qui fustigent des manquements dans ces domaines. Le texte ne fixe pas précisément la répartition des fonds ni leur affectation.
L'initiative demande encore que les successions et les donations soient imposées dès le jour de la votation avec effet rétroactif. Afin d'éviter que les personnes très fortunées ne quittent la Suisse, la Confédération doit prendre des mesures, mais le texte n'en précise pas la nature.
Un clivage gauche-droite s'est établi pendant la campagne de votation. Le Conseil fédéral, le Parlement, les partis bourgeois et les associations économiques sont contre l'initiative. Ils rejettent notamment l'effet rétroactif, qui aurait des conséquences juridiques incertaines. Ils craignent aussi des pertes plutôt que des recettes fiscales si les grosses fortunes quittent la Suisse.
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