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Economie publique   20.01.2026 17:23:27

Le marché automobile suisse à un niveau historiquement bas

Zurich (awp) - Avec 234'000 nouvelles immatriculations en 2025, le marché suisse des voitures de tourisme a atteint un niveau historiquement bas, selon auto-suisse. La faîtière des importateurs automobiles réclame la fin de la surrèglementation et une amélioration des conditions cadres, seule façon de concilier les objectifs climatiques de la Suisse avec les besoins de la branche et des consommateurs.

Avec 234'000 voitures mises en circulation en 2025, soit un recul de 2% par rapport à 2024, le marché automobile suisse a atteint son niveau le plus bas depuis plus de 25 ans, selon les chiffres d'auto-suisse, la faîtière des importateurs automobiles, présentés mardi à l'occasion d'une conférence de presse à Zurich. Il reste clairement en dessous du niveau d'avant-pandémie, qui était de plus de 300'000 véhicules par an. "Depuis la crise du coronavirus, la baisse des ventes s'affiche à 25% chaque année", détaille Thomas Rücker, directeur d'auto-suisse.

"La Suisse fait figure de cas isolé au coeur de l'Europe, car les marchés de nos voisins se redressent progressivement", renchérit Peter Grünenfelder, président d'auto-suisse. Ce dernier impute ce recul de la demande à "une réglementation irréaliste, des prix de l'énergie élevés, et l'absence d'incitations économiques".

"Les coûts de l'énergie ont explosé depuis la guerre en Ukraine et les coûts de la santé en Suisse ont pris l'ascenseur. Ces facteurs ont pesé dans le budget des consommateurs", relève de son côté M. Rücker.

___ Progression trop lente de l'électrique

Les véhicules à faibles émissions de CO2 ont progressé en revanche en 2025, mais pas aussi vite que prévu. L'an dernier, la part de marché des véhicules rechargeables a été d'environ 34%. "L'objectif de 50% fixé dans la feuille de route de la Confédération a été clairement manqué", souligne M. Grünenfelder. Cela se traduit par des amendes CO2 se chiffrant à plusieurs centaines de millions de francs pour les importateurs automobiles, qui menacent la branche.

Pour le président d'auto-suisse, le problème réside dans les prix élevés de l'électricité, l'insuffisance des infrastructures de recharge, l'incertitude réglementaire et les projets de nouvelles taxes et redevances.

"Les cantons et les villes n'investissent pas en faveur d'une augmentation des bornes de recharge et l'énergie bon marché fait défaut. A l'extérieur du domicile, le prix du kilowattheure double, voire triple", déplore M. Rücker.

Afin de favoriser la mobilité électrique, auto-suisse demande une réduction rapide des contraintes bureaucratiques, la renonciation à de nouvelles taxes et redevances, la suppression de la taxe d'importation de 4% sur les automobiles ainsi que des prix véritablement compétitifs sur le marché de l'électricité.

___ Meilleures conditions cadres

Au niveau politique, la faîtière réclame de meilleures conditions cadres. Pour M. Grünenfelder, la Suisse devrait suivre l'exemple européen. "Le plan d'action de l'Union européenne (UE) améliore les conditions cadres du marché automobile, notamment en étant plus flexible en matière d'objectifs de CO2", dit-il.

Donato Bochicchio, vice-président d'auto-suisse cite en exemple la Belgique qui a fait progresser la part des véhicules entièrement électriques (BEV) de 34% en adoptant des mesures pour favoriser la mobilité électrique, avec notamment un impôt de circulation réduit, une TVA plus avantageuse sur les BEV et des déductions fiscales sur les coûts énergétiques.


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