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Banque centrale   05.06.2026 21:20:13

Aux Etats-Unis, le marché du travail passe au vert, les prix rougissent

Washington (awp/afp) - Les États-Unis ont connu plusieurs mois d'affilée de solides créations d'emplois assorties d'un taux de chômage modeste, selon des données publiées vendredi qui reportent l'attention sur l'inflation trop élevée, au grand dam de Donald Trump.

Car la publication officielle, jugée très bonne, a un revers: elle incite les investisseurs à pronostiquer un durcissement de la politique monétaire américaine en fin d'année.

Ils se disent en effet que, si le marché du travail ne suscite plus d'inquiétude, la lutte contre l'inflation - qui a dérapé à 3,8% sur un an avec l'envolée des prix de l'essence - va devenir la priorité des banquiers centraux.

Cette logique a contribué à plomber Wall Street et à faire grimper les coûts d'emprunt de l'État fédéral.

"Avec un excellent rapport sur l'emploi, comme celui qui vient d'être annoncé, les marchés devraient monter, pas baisser", a grincé Donald Trump dans un message sur sa plateforme Truth Social.

"La croissance n'implique pas l'inflation! Comment un pays pourrait-il autrement atteindre la GRANDEUR???" a-t-il ajouté.

Dans le détail, 172.000 créations nettes d'emplois ont été enregistrées en mai aux États-Unis.

Les investisseurs en attendaient deux fois moins.

Le taux de chômage est resté stable à 4,3%, ancré dans ce qui est considéré comme le niveau du plein emploi.

En parallèle, les créations d'emplois en mars et avril ont été revues à la hausse. Au total, la première économie mondiale a créé 93.000 emplois de plus pendant ces deux mois que ce qui avait précédemment été rapporté.

"Nous avons maintenant trois mois d'affilée très robustes et trois mois c'est une tendance, une tendance très forte", a commenté auprès de l'AFP Dan North, économiste d'Allianz Trade North America.

"Les entreprises américaines embauchent à nouveau", a salué de son côté l'économiste de la banque Navy Federal Credit Union, Heather Long.

Après une année 2025 morose côté emploi, "la reprise touche presque tous les secteurs, à l'exception des technologies et de la finance. C'est une nouvelle encourageante pour les demandeurs d'emploi et pour l'économie américaine", a ajouté Mme Long.

___ - Priorité: inflation -

Ce sursaut intervient au moment où le gouvernement est mis sous pression par l'inflation qui s'accélère du fait de la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par Donald Trump avec Israël.

Les salaires augmentent, mais moins vite que l'inflation.

"C'est pour cela que les gens continuent de détester la situation économique", reprend Dan North, d'Allianz Trade.

Le locataire de la Maison Blanche assure que les perturbations ne dureront pas à quelques mois de la prochaine échéance électorale nationale (les "midterms" en novembre).

Donald Trump abhorre les hausses de taux d'intérêt. En faisant augmenter les coûts d'emprunt, elles agiraient comme un frein sur l'économie et rendraient encore plus inaccessible l'achat d'un logement pour de nombreux Américains, qu'il avait promis de faciliter.

Le président vient de placer à la tête de la Fed Kevin Warsh, dont il ne cache pas attendre une politique accommodante.

Vendredi encore, il a déclaré à bord d'Air Force One qu'il "aimerait voir les taux d'intérêt baisser" tout en assurant qu'il "laisserait Kevin décider".

La politique monétaire découle d'un vote collégial et la plupart des responsables monétaires semblent focalisés sur l'inflation, qu'ils sont censés contenir à 2%, un objectif manqué depuis plus de cinq ans.

"Le rapport sur l'emploi d'aujourd'hui confirme que le marché du travail semble globalement en équilibre", écrit ainsi vendredi sur LinkedIn la présidente de la Fed de Cleveland Beth Hammack, qui vote cette année sur les taux américains.

"L'inflation nous raconte une autre histoire. Elle est élevée, elle continue d'augmenter", souligne-t-elle, estimant qu'il pourrait "bientôt" falloir agir.


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