Politique, gouvernement, parlement, administration
14.06.2026 18:28:21
Peuple et cantons ont rejeté le texte qui visait à plafonner la population en Suisse à dix millions d'ici 2050. Le non est unanime dans les cantons romands. Neuchâtel refuse à 67,2%. Viennent ensuite Genève (65,4%) et le canton de Vaud (64,4%). Jura dit non à 59,9%, Fribourg à 54,8% et le Valais à 52,7%.
En Suisse alémanique, plusieurs cantons, surtout de Suisse centrale, ont soutenu le texte. Argovie, Schaffhouse et Soleure ont aussi dit oui, mais à la raclette. Le Tessin également, à 50,6%.
___ Clivage ville-campagne
Zurich dit en revanche non à 60%. Berne aussi, à 55,4%. Zoug, qui accueille des grandes fortunes internationales, a refusé à 52,4%. Les deux Bâle ont aussi clairement dit non, Bâle-Ville à 73,4%.
On observe un réel clivage entre villes et campagnes. Les villes ont majoritairement refusé l'initiative, même dans les cantons où le oui a été le plus fort.
L'influence de la croissance démographique ne semble toutefois ne pas avoir joué un rôle déterminant. Une observation de Keystone-ATS montre qu'aucun lien direct ne peut être établi entre la croissance démographique dans les différentes communes et les votes.
___ Limite à 10 millions
"L'initiative pour la durabilité" visait à limiter le nombre de résidents en Suisse à dix millions d'ici 2050. La population s'élève actuellement à environ 9 millions.
Le Conseil fédéral et le Parlement auraient dû prendre des mesures dès que la population dépassait les 9,5 millions. Si celles-ci ne suffisaient pas, Berne aurait dû résilier des traités internationaux, dont celui sur la libre circulation conclu avec l'UE.
Le gouvernement, soutenu par le Parlement, avait prévenu des conséquences sur les relations avec l'Union européenne. Les opposants craignaient aussi de graves conséquences sur les services de soins, déjà frappés par une pénurie.
___ Conseil fédéral soulagé
Le conseiller fédéral Beat Jans s'est réjoui du signal de stabilité que les Suisses ont donné. Un signal important donné au reste du monde, surtout dans la perspective des accords avec l'UE. Le pays est confronté à des défis, c'est un fait, a poursuivi le Bâlois, citant la crise du logement, les infrastructures et l'immigration.
Hormis l'UDC, tous les milieux politiques et économiques se sont aussi félicités du résultat. Les partis s'accordent sur le fait qu'il faut prendre au sérieux les préoccupations de la population en lien avec la croissance démographique. Mais les solutions divergent.
Benoît Gaillard (PS/VD) a salué un "non clair, net et sonnant" à l'initiative qui ne proposait aucune solution aux problèmes du moment. Pour le PS, c'est une "victoire pour une Suisse solidaire et ouverte" et un "signal positif" en vue du débat sur les Bilatérales III.
Le PLR estime lui qu'il a réussi à monter combien l'initiative était dangereuse. Dans leur communiqué, les libéraux-radicaux prennent à partie conseiller fédéral UDC Guy Parmelin qui "a brillé par son absence pendant la campagne sur une initiative qui menaçait pourtant explicitement la voie bilatérale."
Pour le Centre, il était juste d'ouvrir le débat public". "La croissance, c'est un vrai problème, reconnaît son président Philipp Matthias Bregy. Il faut désormais miser sur une croissance qualitative plutôt que quantitative.
___ Les problèmes demeurent
Quant à l'UDC, elle estime qu'aucun problème n'est résolu: "Les vannes restent ouvertes", écrit le parti. Face à la pression sur les logements, le transports et les terres agricoles, il faudra bien que les autres partis prennent conscience des problèmes, relève la vice-présidente Céline Amaudruz (GE)
Les milieux économiques n'ont eux pas manqué de souligner le bol d'oxygène que ce "non" procure pour les entreprises. Les syndicats en revanche mettent en garde contre la tournure que prennent les discussions au Parlement sur le paquet d'accords avec l'UE.
"Les promesses qui avaient été faites de renforcer le contrôle des salaires, sont en voie d'être trahies. On doit continuer de se battre pour que le paquet équilibré du Conseil fédéral ne soit pas dénaturé", sans quoi les syndicats pourraient revoir leur soutien, a averti le président de l'USS Pierre-Yves Maillard.
Echec de l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions" dans les urnes
Berne (awp/ats) - L'UDC a échoué à convaincre les Suisses dimanche. Les électeurs ont refusé son initiative "Pas de Suisse à 10 millions" à 54,8%. Le succès de 2014 avec l'initiative contre l'immigration de masse ne s'est donc pas reproduit. Prochaine étape: les Bilatérales III.Peuple et cantons ont rejeté le texte qui visait à plafonner la population en Suisse à dix millions d'ici 2050. Le non est unanime dans les cantons romands. Neuchâtel refuse à 67,2%. Viennent ensuite Genève (65,4%) et le canton de Vaud (64,4%). Jura dit non à 59,9%, Fribourg à 54,8% et le Valais à 52,7%.
En Suisse alémanique, plusieurs cantons, surtout de Suisse centrale, ont soutenu le texte. Argovie, Schaffhouse et Soleure ont aussi dit oui, mais à la raclette. Le Tessin également, à 50,6%.
___ Clivage ville-campagne
Zurich dit en revanche non à 60%. Berne aussi, à 55,4%. Zoug, qui accueille des grandes fortunes internationales, a refusé à 52,4%. Les deux Bâle ont aussi clairement dit non, Bâle-Ville à 73,4%.
On observe un réel clivage entre villes et campagnes. Les villes ont majoritairement refusé l'initiative, même dans les cantons où le oui a été le plus fort.
L'influence de la croissance démographique ne semble toutefois ne pas avoir joué un rôle déterminant. Une observation de Keystone-ATS montre qu'aucun lien direct ne peut être établi entre la croissance démographique dans les différentes communes et les votes.
___ Limite à 10 millions
"L'initiative pour la durabilité" visait à limiter le nombre de résidents en Suisse à dix millions d'ici 2050. La population s'élève actuellement à environ 9 millions.
Le Conseil fédéral et le Parlement auraient dû prendre des mesures dès que la population dépassait les 9,5 millions. Si celles-ci ne suffisaient pas, Berne aurait dû résilier des traités internationaux, dont celui sur la libre circulation conclu avec l'UE.
Le gouvernement, soutenu par le Parlement, avait prévenu des conséquences sur les relations avec l'Union européenne. Les opposants craignaient aussi de graves conséquences sur les services de soins, déjà frappés par une pénurie.
___ Conseil fédéral soulagé
Le conseiller fédéral Beat Jans s'est réjoui du signal de stabilité que les Suisses ont donné. Un signal important donné au reste du monde, surtout dans la perspective des accords avec l'UE. Le pays est confronté à des défis, c'est un fait, a poursuivi le Bâlois, citant la crise du logement, les infrastructures et l'immigration.
Hormis l'UDC, tous les milieux politiques et économiques se sont aussi félicités du résultat. Les partis s'accordent sur le fait qu'il faut prendre au sérieux les préoccupations de la population en lien avec la croissance démographique. Mais les solutions divergent.
Benoît Gaillard (PS/VD) a salué un "non clair, net et sonnant" à l'initiative qui ne proposait aucune solution aux problèmes du moment. Pour le PS, c'est une "victoire pour une Suisse solidaire et ouverte" et un "signal positif" en vue du débat sur les Bilatérales III.
Le PLR estime lui qu'il a réussi à monter combien l'initiative était dangereuse. Dans leur communiqué, les libéraux-radicaux prennent à partie conseiller fédéral UDC Guy Parmelin qui "a brillé par son absence pendant la campagne sur une initiative qui menaçait pourtant explicitement la voie bilatérale."
Pour le Centre, il était juste d'ouvrir le débat public". "La croissance, c'est un vrai problème, reconnaît son président Philipp Matthias Bregy. Il faut désormais miser sur une croissance qualitative plutôt que quantitative.
___ Les problèmes demeurent
Quant à l'UDC, elle estime qu'aucun problème n'est résolu: "Les vannes restent ouvertes", écrit le parti. Face à la pression sur les logements, le transports et les terres agricoles, il faudra bien que les autres partis prennent conscience des problèmes, relève la vice-présidente Céline Amaudruz (GE)
Les milieux économiques n'ont eux pas manqué de souligner le bol d'oxygène que ce "non" procure pour les entreprises. Les syndicats en revanche mettent en garde contre la tournure que prennent les discussions au Parlement sur le paquet d'accords avec l'UE.
"Les promesses qui avaient été faites de renforcer le contrôle des salaires, sont en voie d'être trahies. On doit continuer de se battre pour que le paquet équilibré du Conseil fédéral ne soit pas dénaturé", sans quoi les syndicats pourraient revoir leur soutien, a averti le président de l'USS Pierre-Yves Maillard.
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