News story
Economie publique   02.07.2026 20:10:12

Aux Etats-Unis, le Mondial de foot n'a pas dopé les chiffres de l'emploi

Washington (awp/afp) - Les Etats-Unis ont créé moitié moins d'emplois qu'attendu en juin, et en ont même détruit dans le secteur de l'hôtellerie-restauration malgré la Coupe du monde de football qui se joue largement sur le sol américain.

Selon un rapport du ministère du Travail publié jeudi, 57.000 emplois ont été créés le mois dernier. Les investisseurs en escomptaient autour de 110.000.

La surprise est venue du secteur des loisirs et de l'hôtellerie-restauration qui a détruit 61.000 emplois sur la période.

C'est inhabituel pour la saison, surtout au moment où le pays accueille de nombreuses rencontres du Mondial-2026.

Le premier match s'est tenu le 13 juin à Los Angeles. La Fifa vante des stades pleins.

C'est "le plus gros coup dur" du rapport sur l'emploi au regard de "l'engouement autour de la Coupe du monde", note l'économiste d'EY, Gregory Daco.

Le chiffre fait sourciller Jamie Cox, conseiller financier dans le groupe Harris Financial, pour qui il n'y a "aucune chance" que les hôtels, bars et restaurants comptent moins d'employés "en pleine Coupe du monde".

Il s'attend à ce que les données soient revues à la hausse plus tard.

La publication de jeudi comporte d'ailleurs son lot habituel de révisions concernant les derniers mois. Les créations d'emplois en avril et mai sont moindres que précédemment calculé.

Les équipes de la Maison Blanche ont décrit le marché du travail comme "solide grâce au programme économique" du président Donald Trump, et mis en avant les 11.000 emplois créés en juin dans le secteur de la construction.

A l'inverse, la sénatrice démocrate Elizabeth Warren a pointé que la première économie mondiale avait créé en moyenne 37.000 emplois par mois "depuis que le président Trump a pris ses fonctions (...) loin derrière les 120.000 emplois mensuels de 2024", sous Joe Biden.

___ - Moins d'actifs, plus de robots? -

En tout cas, le chômage reste bas, à 4,2%.

Les économistes soulignent que cela s'explique largement par le fait que moins de gens cherchent du travail.

Plus de 700.000 personnes ont disparu de la population active entre mai et juin: elles ont pu partir à la retraite, renoncer à trouver un emploi faute d'opportunités...

Cela reflète aussi "ce qui se passe en matière d'immigration", déclare à l'AFP Wendy Edelberg, spécialiste de la macroéconomie à la Brookings Institution, en référence à la politique très restrictive et répressive du gouvernement Trump à l'égard des étrangers.

"On est moins nombreux, on a moins de gens sur le marché du travail (...) on a simplement une plus petite économie", souligne-t-elle.

Selon elle, la croissance de l'emploi reste "faible (...) parce que les employeurs s'habituent à faire avec moins de travailleurs".

Les bouleversements liés à l'intelligence artificielle (IA) créent une couche d'incertitude supplémentaire en posant la question des emplois et compétences qui seront nécessaires à l'avenir.

"Alors que les craintes de suppressions massives d'emplois se sont intensifiées, l'adoption de l'IA s'avère plus progressive et plus coûteuse que beaucoup ne l'avaient prévu", observe Gregory Daco, d'EY.

"Les entreprises y recourent de plus en plus pour améliorer leur productivité et maîtriser leurs coûts de main-d'oeuvre, mais jusqu'à présent, cette technologie semble renforcer la sélectivité à l'embauche plutôt que de déclencher des licenciements à grande échelle", ajoute-t-il.

A court terme, décrit Wendy Edelberg, des entreprises embauchent parce qu'elles sont impliquées dans la construction de gigantesques centres de données, d'autres sont dans l'expectative. "Mais on commence à en entendre certaines dire que c'est la grande raison qui les a poussés à licencier.


Zum gleichen Thema

Betroffene Instrumente

N/A