Casino creuse sa perte en 2025 mais améliore sa rentabilité
Paris (awp/afp) - Avec des pertes qui se sont creusées l'an dernier sous le poids financier de sa restructuration et de nombreux licenciements, le distributeur Casino affiche pourtant une rentabilité améliorée, et négocie pour restructurer sa dette.
Le groupe au sept marques (Casino, Monoprix, Franprix, Naturalia, Vival, Spar et CDiscount), contrôlé par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, avait annoncé en février le report de la publication de ses résultats annuels jusqu'au 31 mars au plus tard, invoquant "la poursuite" des discussions sur sa "structure financière".
Il avait néanmoins publié son chiffre d'affaires 2025, de 8,26 milliards d'euros, en baisse de 2,5%, mais en légère hausse de 0,5% à périmètre comparable, un millier de magasins ayant été fermés ou vendus l'an dernier.
Lundi, le distributeur stéphanois a publié une perte nette de 402 millions d'euros pour 2025, enflée de 36,4% comparé à 2024, où elle avait atteint 295 millions d'euros.
En cause, "l'abandon des hypermarchés et des supermarchés" à partir de 2024 et "tous les coûts" liés au plan de sauvegarde de l'emploi, qui s'est traduit par 2.200 licenciements, a expliqué le directeur général de Casino, Philippe Palazzi, lors d'une conférence de presse en ligne.
- "Redressement" -
Mais Casino "enregistre une très nette progression de sa rentabilité après une année intense de transformation", a insisté le dirigeant, se réjouissant d'un bénéfice brut d'exploitation (Ebitda) ajusté à 655 millions d'euros, en hausse de 13,7% sur un an, et d'un Ebitda ajusté après loyers payés de 198 millions d'euros (+77,3%).
Cette progression repose notamment sur "l'assainissement du parc" de magasins avec "la sortie de 1.178 points de vente" moins rentables en 2025, les synergies entre les différentes marques du groupe ou encore "la massification des achats" permise entre autre par l'alliance avec Auchan et Intermarché via la centrale Aura Retail.
Cette performance "illustre la bonne exécution de notre plan stratégique", s'est félicité M. Palazzi, pour qui le groupe s'est positionné "sur le bon marché, celui de la proximité, au bon moment".
Outre le déploiement de nouveaux concepts et la rénovation de tous ses Monoprix, le groupe aux quelque 6.500 magasins, dont 85% en franchise et location-gérance, prévoit d'ouvrir 200 nouveaux points de vente Franprix, 20 nouveaux Naturalia et 210 Casino/Vival/Spar d'ici à 2030.
"Le redressement est aujourd'hui effectif", a assuré M. Palazzi, qui inaugurera mardi un "nouveau concept" pour les "magasins Casino" à Feurs et à Saint-Etienne.
- "Espoir" -
Reste que l'avenir du groupe dépend d'un accord sur la dette, dans l'attente duquel les données financières publiées lundi sont "non arrêtées et non auditées".
Tombé dans l'escarcelle de Daniel Kretinsky en 2024 après des années de surendettement, Casino doit rembourser 1,4 milliard d'euros en mars 2027, et a engagé fin 2025 des discussions avec ses créanciers (banques et fonds anglo-saxons) pour diminuer ce montant.
"Les négociations se poursuivent", a indiqué M. Palazzi, assurant avoir "très bon espoir qu'elles se terminent comme prévu" d'ici à la fin du mois de juin.
En novembre, France Retail Holdings (FRH), détenu majoritairement par M. Kretinsky et actionnaire principal de Casino, à hauteur de 54%, avait réclamé de baisser sa dette à 800 millions d'euros (soit un abandon de 600 millions d'euros de créances), en échange d'une augmentation de capital de 300 millions d'euros.
Dans sa dernière proposition, dévoilée mi-mars, FRH met 500 millions d'euros sur la table, réclamant une dette contenue à 900 millions d'euros (500 millions d'euros de créances abandonnés), et revoit à la baisse sa demande en matière de contrôle actionnarial, l'une des pierres d'achoppement de la négociation.
L'actionnaire principal, qui comptait initialement se renforcer en montant au minimum à 66% du capital, propose désormais de descendre à 51%.
Dans une contre-proposition datée du 24 février, les créanciers, qui agitent la menace d'une prise de contrôle du groupe, avaient exigé un rééquilibrage de la gouvernance, revendiquant 49,9% du capital, tout en laissant de fait la majorité des 50,1% à FRH.
La dette de Casino a déjà été allégée de près de 5 milliards d'euros au moment de la première restructuration, en 2024, qui s'était traduite par le départ du PDG historique, Jean-Charles Naouri.
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