News story
Banque centrale   15.04.2026 21:55:13

Trump veut virer Powell s'il reste à la Fed à la fin de son mandat

Washington (awp/afp) - Donald Trump s'est dit prêt à "virer" Jerome Powell si celui-ci ne quitte pas la banque centrale des Etats-Unis (Fed) prochainement, faisant monter la pression quelques jours avant l'audition de Kevin Warsh, censé lui succéder.

M. Powell, dont le mandat de président s'achève en théorie le 15 mai, a indiqué qu'il comptait rester à la Fed tant que plane une procédure judiciaire à son encontre, lancée par une procureure proche du chef de l'Etat américain.

Jerome Powell peut en effet continuer à siéger en tant que gouverneur. Ce mandat-là ne prend fin pour lui que début 2028.

"Eh bien alors je devrai le virer. (...) S'il ne part pas à temps", a déclaré Donald Trump dans une interview à Fox Business diffusée mercredi.

Le président américain n'a pas semblé disposé à intercéder pour que l'enquête visant M. Powell soit abandonnée.

Celle-ci a été mal accueillie jusque dans son propre camp, des élus y voyant une attaque injustifiée contre l'indépendance de l'institution monétaire.

Cela a créé un imbroglio qui freine la validation par le Sénat de la personne qu'il a choisie pour succéder à Jerome Powell, Kevin Warsh.

Une commission du Sénat doit auditionner mardi prochain M. Warsh, qui connaît bien la banque centrale pour en avoir été l'un des gouverneurs (2006-2011).

"Je suis très optimiste quant au fait que Kevin Warsh deviendra président de la Fed dans les délais prévus", a déclaré mercredi Scott Bessent, le ministre des Finances de Donald Trump, en conférence de presse.

Les sénateurs "vont trouver une solution", avait estimé quelques heures plus tôt le conseiller économique du président Kevin Hassett, lors d'un événement organisé par le média Axios à Washington, en marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale organisées cette semaine dans la capitale américaine.

- "Quel raisonnement"? -

Fin de mandat ou pas, Jerome Powell restera aux commandes jusqu'à ce que la nomination de son successeur soit confirmée.

Un séjour prolongé de M. Powell représenterait un coup du sort pour Donald Trump, qui a passé des mois à tenter d'accélérer son départ.

Il le tient responsable du niveau des taux d'intérêt (trop élevés à son goût), sur lesquels votent douze personnes au total.

Après l'avoir abondamment traité d'"abruti", le milliardaire républicain a mis en cause sa probité en jugeant suspect le dérapage de la facture du chantier de rénovation du siège de la Fed à Washington.

La procureure Jeanine Pirro l'a pris au mot et a initié une procédure pouvant aboutir à des poursuites pénales contre Jerome Powell.

La démarche a déclenché une levée de boucliers dans les milieux d'affaires et parmi la classe politique, des personnalités y voyant une manoeuvre d'intimidation de l'institution.

Un membre républicain de la commission sénatoriale devant auditionner M. Warsh, Thom Tillis, a ainsi prévenu qu'il ne validerait pas la nomination tant que le parquet ne classerait pas l'affaire.

"C'est vraiment difficile de comprendre quel est le raisonnement du président Trump pour justifier la poursuite de cette enquête sur Jay (diminutif de Jerome, NDLR) Powell si elle ne fait que retarder la confirmation de Kevin Warsh", a remarqué auprès de l'AFP David Wessel, chercheur à la Brookings Institution, basée à Washington.

"S'il parvient à faire battre en retraite Jeanine Pirro - et tout le monde pense que c'est en son pouvoir - alors Jay Powell s'en ira quand Kevin Warsh sera confirmé", selon lui.

L'expert pense "tout à fait plausible", au contraire, un scénario dans lequel "Kevin Warsh passe son audition. Trump continue sa lutte contre Jay Powell. Le Sénat ne vote pas la confirmation (de Warsh), et cela dure des semaines, voire plus".


Zum gleichen Thema

Betroffene Instrumente

N/A