Valérie Dittli veut rester au Conseil d'Etat vaudois
Lausanne (awp/ats) - Valérie Dittli refuse de rendre les armes. Malmenée depuis plusieurs mois, elle souhaite se représenter au Conseil d'Etat vaudois en février prochain et, d'abord, convaincre son parti du Centre de l'investir lors de son assemblée du 2 septembre.
La ministre de l'agriculture et du numérique a fait part de sa décision, très attendue, dans des interviews accordées au Matin Dimanche et au journal local Le Courrier Lavaux-Oron-Jorat. Elle reconnaît que sa mission s'annonce ardue, elle qui est isolée et critiquée de toutes parts. "Ce sera David contre Goliath. Mais j'y vais pour gagner", affirme-t-elle.
Son premier objectif consistera à obtenir le soutien du Centre, dont les délégués se retrouveront en assemblée le 2 septembre à Epalinges. "J'espère vraiment partir en campagne avec eux (...) Et si mon parti décide que ce sera sans moi, tout demeure envisageable", relève-t-elle, n'excluant pas de se lancer en indépendante si son parti devait la lâcher.
Le comité de présidence du Centre Vaud (9 membres) a déjà dit qu'il ne voulait pas que Valérie Dittli se représente. Un deuxième "avis" doit encore venir du comité cantonal (environ 20 membres), qui se réunit jeudi.
Les délégués auront alors "toutes les cartes en main et devront trancher", explique Giancarlo Sergi, président du Centre Vaud, contacté par Keystone-ATS. Il dit attendre entre 60 à 100 délégués à Epalinges.
Eventuelle deuxième assemblée
Aucune autre candidature ne sera opposée à Valérie Dittli le 2 septembre. Si elle parvient à convaincre les délégués, "on la soutiendra", affirme Giancarlo Sergi. Dans le cas inverse, le Centre organiserait une nouvelle assemblée le 16 septembre pour convenir d'une stratégie, sans Valérie Dittli, pour les élections cantonales de 2027.
Pesant peu sur la scène politique vaudoise, le Centre espère gagner en importance, et notamment retrouver des sièges au Grand Conseil. Pour cela, il mise sur des alliances. Or les formations politiques consultées par les dirigeants du parti, au centre comme à droite, ne veulent pas collaborer si Valérie Dittli se représente au Conseil d'Etat sous les couleurs du Centre.
Dans le Matin Dimanche et le Courrier, Valérie Dittli se dit "bien consciente qu'il y a eu des désaccords" avec ses alliés, mais reste "ouverte à toute collaboration possible" pour conserver "une majorité centre-droit" au gouvernement.
Erreurs assumées
Ces interviews lui permettent aussi de revenir sur les "moments très difficiles" qu'elle a traversés depuis son élection surprise au Conseil d'Etat en avril 2022. Les "affaires Dittli" se sont en effet empilées les unes après les autres, entre gestion du bouclier fiscal, problèmes de management, arrangement secret et rupture de confiance avec ses collègues du Conseil d'Etat.
Valérie Dittli reconnaît des erreurs, "surtout au début", mais assure qu'elle les assume. Evoquant les "dysfonctionnements importants" qu'elle affirme avoir mis au jour, notamment celui du bouclier fiscal et de la commission sur les terres agricoles, elle estime ne s'être "jamais dérobée" et avoir cherché des solutions, "même lorsque cela signifiait bousculer certaines habitudes."
Elle ajoute: "si je découvrais aujourd'hui les mêmes dysfonctionnements, je ne détournerais toujours pas les yeux." Elle précise toutefois qu'elle anticiperait mieux les "réactions parfois très fortes" qu'elle a suscitées.
Club de soutien
Lâchée par beaucoup, Valérie Dittli n'est toutefois pas totalement seule. Ces derniers mois, un club de soutien s'est constitué à l'initiative de l'ex-PLR et ancien syndic d'Yvorne, Philippe Gex. Le vigneron, qui s'est exprimé plusieurs fois dans les médias, annonce plus de 300 membres.
Interrogé dans le Matin Dimanche, il affirme notamment que plusieurs représentants du monde agricole et viticole soutiennent la ministre, mais aussi des élus PLR.
Valérie Dittli confirme d'ailleurs ces soutiens. "Je reçois aujourd'hui beaucoup de soutien de députés, mais aussi de nombreuses personnes. Cela me conforte dans l'idée que nous avons encore beaucoup de choses à construire ensemble", affirme-t-elle.
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